29.9.07

Le marché Jean Talon

Le marché Jean Talon à Montréal est une institution autant pour les familles en balade le dimanche que pour les amateurs de fruits, légumes, fleurs, épices et aromates, viandes, poissons et fruits de mer, fromage et autres inventions du genre que la France aurait tôt fait de qualifier de produits du terroir.
On y accède presque par hasard, aux détours des rues de la petite Italie, sans s'y attendre, caché, dissimulé à la vue par les bâtiments d'habitations qui l'entourent.
Remontant en ce matin d'automne la rue Henri-Julien qui borde mon appartement, je profite des rayons d'un soleil généreux pour prendre les photos d'une de ces rues si typiquement montréalaises.
Je savoure d'avance les couleurs de ce marché à l'histoire si particulière puisque là où sont aujourd'hui bâti les halles, on trouvait autrefois un terrain de jeu de crosse irlandais privé, appartenant à la famille Shamrock, dont on retrouve encore la trace grâce à l'une des rues avoisinantes.
Racheté par la ville en 1931, le terrain, qui autrefois attirait jusqu'à 10 000 personnes les jours de match, va d'abord abriter la station de départ des autobus en direction de Laval. La vente de légumes, fruits, fleurs, porc et cochons s'y déroule déja en bordure de la rue Jean Talon.
Le marché, qui se résume alors essentiellement au chalet central dans lequel on retrouve aujourd'hui une célèbre enseigne patentée de boulangerie, est inauguré par le maire Camilien Houde en 1933.
Le quartier déja densément peuplé, et déja de Canadiens italiens qui plus est, reçoit en même temps que ce pôle de transport et d'attraction un poste de police et d'incendie.
La population des paroisses avoisinantes, d'origine Italienne donc, étant habituée plus aux marchés ouverts, à l'instar des marchés européens qui ont bercé mon enfance, la ville n'a pas pensé à se dôté dès le départ de bâtiments.
Elle construisit seulement 3 galeries ouvertes aux vents divisibles en étals. Ce n'est qu'en 1983 que le marché se dote de cloisons amovibles pour l'hiver, rendant les abris saisonniers de fortune que se construisaient les maraîchers caduques.

Le marché actuel est le résultat de divers agrandissements, puisqu'il était au départ situé dans une enclave, dont la seule porte d'entrée était la rue Shamrock. La rue de la place du Marché Nord est percée, ainsi que la rue Henri-Julien et la rue Mozart, dès 1939 et dôtée d'une nouvelle série d'arcades.
Dès 1943 le marché a atteint sa forme et sa superficie actuelle. On dit aujourd'hui encore que ce serait le marché à aire ouverte le plus grand d'Amérique du Nord. Vérité ou galéjade, peu m'importe, c'est un lieu de tous les délices: gustatifs, visuels, odorants, auditifs....
Un lieu de villégiature pour qui sait apprécier les simples plaisirs de se sentir vivant.

Mais qu'y trouve-t-on en cette saison au juste?
Des tas de choses: petits fruits (fraises, framboises, canneberges, bleuets, cerise de terre), des courges, courgettes, choux fleurs, aubergines, navets, pomme de terre, tomates, oignons, des fleurs, des tresses d'ail et de piments, du miel et du sirop d'érable.

24.9.07

24H

Non non, rien à voir avec la déja mythique série dont je n'avoue n'avoir vu que la première saison et quelques épisodes de la 3ème? 4ème? bref de la je ne sais combien-tième édition... Quoique...
Je n'ai aucun président à sauver, aucune centrale nucléaire à empêcher d'exploser... mais j'ai des journées de 24h moi aussi... Comment ça le lien est un tantinet tractopilé?

Une journée avec moi c'est quoi?

7h00: Entre les miaouuuuu plaintifs du chat affamé et les biiiiiiiiiiip stridents du réveil jamais compatissant, j'émerge doucement. Je me traîne dans le lit à côté de mon amoureux, envahie par la soudaine chaleur poilue du chat qui tentera par tous les moyens de se faire nourrir plus rapidement.

7h10: Seconde salve de détonations du réveil et, étouffé dans l'oreiller, un Groumph de JF qui détessssssste ma manie de ne JAMAIS me lever à la première sonnerie. Eh quoi, si j'ai la fonction snooze, je peux bien le laisser snoozer mon réveil non (euh quelqu'un saurait comment on peut traduire "snooze" d'ailleurs?).

7h15: Passage salle de bain, ronrons et frottements du chat qui continue ses manoeuvres diaboliques

7h20: ou quelque part dans ces bouts-là, j'allume la cafetière et nourrit le chat (enfin! qu'il se dit l'animal!) pendant que le voyant passe au vert, signalant que l'amer et salvateur breuvage va pouvoir être servi. Mélange le café, le lait ou la crême et le sucre et vais regarder mes mails.

7h30: Grignotes une ou deux ou trois tartines, un fruit ou des céréales. Parfois un second café.

7h45: Quittes le domicile, à pied ou en vélo, direction le boulot!

8h00: et parfois des poussières, j'arrive au boulot. 7 minutes en vélo après mon départ ou 15 quand c'est à pied, quoiqu'il en soit, je n'arrives que rarement en retard même quand je pars plus tard! Le top d'habiter pas loin de son boulot!

8h05: Ouvres tous les tiroirs au bureau, allumes les lumières, ramasses les fax qui arrivent parfois le soir, regarde les mails, prends les messages de téléphone.

Entre 12h00 et 12h30: Après une matinée à répondre au téléphone, compiler des évaluations, réserver des salles, commander des repas, courrir après des CV ou des documents, transférer des appels et des courriels, je prend ma pause déjeuner. Au boulot parfois, à la maison avec JF souvent voire au marché Jean Talon ou dans le coin.


Une heure plus tard...
Retour au boulot. Parfois nous avons de longues discussions philosophiques ou débattons de sujets d'actualité. Il arrive qu'on bricole également ici ou là, car dans une petite structure, on fait tout, y compris du bricolage sommaire.

16h30: Fin de la journée. Refermes à clé tous les tiroirs, et quittes pour la maison.
Parfois je fais un détour par une boutique de St Laurent ou de St Hubert. Le mercredi je descends sur De Lorimier garder de temps en temps encore. Le jeudi c'est direction McGill pour des cours d'anglais. Le vendredi je vais souvent tricoter.
Sinon c'est atelier faire-part, tricot, boutonnières, sels de bains souvent en ce moment. Et consultation frénétique de sites pour des idées, des conseils, des avis, des recherches sur le thème du mariage aussi.
Parfois cuisine quand on se laisse tenter par quelque chose de spécial, sinon on mange sur le pouce. En ce moment on se matte souvent un manga en DVD, ou des amis passent faire un petit coucou.
Sinon c'est devoir d'anglais, retouche d'images, jeux...

22h-23h: après une douche, c'est direction sommeil. Il m'arrive de feuilleter une BD, lire un essai de Umberto Ecco dans l'excellent "Comment voyager avec un saumon" que je lis et relis inlassablement encore (le temps de trouver un nouvel ouvrage à maltraiter sans doute).

Le lendemain, 7h00, rebelote.

Les fins de semaines varient et ne se ressemblent heureusement pas. Les matinées se lèvent tardivement (après un passage obligé à la gamelle féline vers 7h30, le fauve ne me câline ensuite que vers 9h30-10h00, quand il est décemment temps de se lever), je discute avec ma môman, parfois d'autres amis sur MSN. Parfois nous sortons de Montréal, souvent nous essuyerons notre flemme sur les fauteuils du salon avant de nous traîner vers une quelconque soirée chez l'un ou l'autre. Souvent en ce moment JF travaille et moi je me repose, je lis la presse, je me tiens au courant des choses du monde, je vais promener dans le quartier.
La vie se déroule paisible, lentement, tranquillement, sûrement...

À quelques jours de ma première année de RP, doit-on conclure que ma vie est routinière? Peut-être routinière, à tout le moins elle est stable et ancrée dans ma réalité d'ici et de maintenant et je ne m'en plains pas vraiment.

11.8.07

Maître Sanzô a disparu!

Comme il est de notoriété publique que je ne peux rien faire comme tout le monde, quand nous avons décidé de prendre un chat l'automne dernier, on l'a choisi non pour sa beauté mais pour son aspect complètement farfelu.

Imaginez donc la boule de poils de l'époque (ci-contre: il avait 3 mois et 1 semaine et nous l'avions depuis 1H) qui vous regarde à travers une vitre, met sa tête à l'envers et lèche la vitre.
Voila comment nous avons choisi ce curieux personnage qui depuis nous ravit et nous fait rire.


Mercredi passé, nous avons fêté son premier anniversaire, et la petite boule de poils est devenue un fier félin aux allures de panthère.

Et il a inauguré un nouveau jeu auquel je vous convie: Mais où est Sanzô?

Ainsi dans la photo qui suit, il y a bien un chat, la question étant de trouver où?
J'offre un cadeau à celui qui trouve, bonne chasse à la panthère !




Édition du 12 août 2007 à 10h08 heure montréalaise:

On a une gagnante! Eh oui Anne-Lise, il est bien dans le sac à dos.
Voici la preuve:

Et je rappelle qu'aucun chat n'ayant été maltraité durant cette cascade, il s'y est fourré tout seul!

Z'êtes trop fort alors en voici une plus dure:
Où est le chat?

C'est MH qui gagne cette manche-ci, Sanzô est effectivement dans la valise:
C'est tout pour le moment !

3.8.07

Le job nouveau est arrivé

Après seulement 1,5 mois de recherche active dans mon domaine après la fin de mon stage chez Québec Soccer, j'ai accepté mardi soir la proposition d'embauche de l'ATTIR. J'entre en fonction le 20 août, dans ce qui sera mon premier job permanent.
Non seulement je bénéficie de 3 semaines de congés payés, plus la semaine des fêtes qui est chômée, soit 7 jours de plus que les normes du travail, mais je commence ma probation avec 36 500$CAD annuel et je passerai à 38500$ une fois la période d'essai terminée.
Si on compte que pour chaque mois il nous faut 1200$ (nourriture, loyer, électricité, téléphone/internet, pass de métro) pour vivre soit 14400$ par an et que mon salaire une fois les impôts retirés sera de environ 27063.85 pour le début puis de 28214.75 par la suite soit entre 12663.85 et 13814.75$CAD de bénéfices par an, sans gros événement majeur (genre notre mariage lol). Pas pire quand même.
Mais plus que ces chiffres, c'est la qualité de vie, l'intérêt de l'emploi et les relations humaines que je visais au travers de ce poste-là. Je suis presque certaine de ne pas m'être trompée en allant dans l'associatif plutôt que dans la grosse boîte. RDV dans un an pour un premier bilan!


23.7.07

Le livre, les pâtes et ma mère...

Quel mystérieux titre ai-je donc pondu là vous demandez-vous? (Par contre vous ne vous demandez pas à quel film je l'ai emprunté j'espère!)

Eh bien, rappelez-vous il y a quelques temps, j'avais fait l'acquisition du 4ème et dernier volume de la fresque de souvenirs pagnolesques. N'ayant jamais lu l'ouvrage, j'étais fort aise de l'avoir dans ma bibliothèque. J'ai donc commencé à le lire lundi passé. Et voila-t-y pas qu'en allant dans ma petite épicerie en dessous de chez moi, tenue par mes proprios tout ce qu'il y a de plus grecs mais tout ce qu'il y a de plus commerçants aussi - entendez par là qu'ils s'adaptent à leur environnement et que nous sommes dans la Petite Italie, ce qui est important pour bien comprendre la suite! - je tombe sur un singulier paquet de pâtes alimentaires.

En quoi est-il singulier vous demander vous confits? Eh bien, ce sont des pâtes alimentaires fort élémentaires mes chers watsoniens lecteurs. Ce qui est singulier, c'est la marque... PAONE!!! PA-O-NE! Oui, maman, comme toi, mes pâtes sont des Paones!!! Qui eut cru qu'à quelques 6000 km de toi, il m'eut été donné de penser à toi en mangeant des pâtes italiennes, non parce que je dégustais ta sauce maison que tu m'aurais fait parvenir par un quelconque pli, mais parce que l'un de tes cousins a eu l'intrigante idée de se mettre à les fabriquer (depuis 1878 quand même!) et surtout à les vendre ici, à Montréal!!!

Ne pouvant résister à ce message de la Destinée, j'ai pris cette photo toute symbolique, cette nature morte reliant Aubagne, ma mère et la Provence:


Tiens en passant, on trouve quand même 44 inscriptions de Paone à travers tout le Canada, mais pas une seule en dehors de la mienne pour les L. quand même! C'est papa qui va être content hein ;)

13.7.07

Des nouvelles

Après 3 jours d'intérim (avec Adecco!) en saisie de données chez Jacob, me voila partie pour un nouvel emploi dès lundi.
Mais ce n'est pas tout dans les magnifiques nouvelles et rebondissements qui parsème ma vie quotidienne. Ma demande pour intégrer le programme "Certificate of proficiency- English for professionnal communication" à l'université McGill a été acceptée et je dois donc commencer mes cours cet automne.
Je serais donc très probablement étudiante dès la fin du mois d'août, pour mon plus grand bonheur et la plus grande fierté de JF.

Le coq a bien chanté!

Après avoir laché mon boulot à la garderie le 5 juin dernier (une exploitation sans nom qui prétend éduquer les enfants... Perso, je trouve assez effrayant ce système qui n'a pas le temps de soutenir les éducatrices parfois bien peu formées tout en leur demandant de porter les casquettes de comptables, cuisinières, gestionnaires, agent de communication et marketing, pédagogue, animatrice, infirmière, psychologue... Qui paye une misère, qui offre bien peu de place, qui n'offre aucune équivalence, et qui n'a d'universel au final que le nom! L'idée encore une fois était bonne mais bien trop mal appliquée! Mais passons), j'ai pu réalisé un excellent stage en journalisme sportif à Québec Soccer, le magasine de référence depuis 30 ans en matière de football.
Une expérience enrichissante à la fois professionnellement et humainement avec la rencontre de personnes vraiment passionnées par leur métier, intéressantes et drôles parfois même.

Je reviens par ailleurs d'un repas ce soir à la Molisana (que je conseille en passant, situé au 1024 Fleury Est, un restau italien vraiment très bon) en compagnie du noyau dur de l'équipe. J'ai rencontré le dernier des collaborateurs que je ne connaissais pas, une pointure ici, M. Georges Schwartz, ancien commentateur à Radio-Canada et RDS, qui commenta les coupes du monde de 86, 90 et 94 entre autres et les JO de 76.
Un moment d'excellence de voir ce bonhomme sans âge aux yeux malicieux remémorant ses souvenirs de journalistes, les péripéties des commentaires en direct comme en différé des matches de soccer ici au Québec.

Une belle journée que celle d'aujourd'hui car plus tôt en journée, je me suis installée à la table de couture de l'Effiloché (6252 St Hubert) avec une grand-maman toute à son ensemble de naissance pour son petit enfant à naître à la fin du mois.
Elle tricotait avec beaucoup d'application la brave dame qui se disait si peu manuelle, souffrant de ses mains arthritiques et de son psoriasis. Un vrai charme de bonté et de tendresse.

Point commun de mes deux coups de coeur humains de la journée? Ils sont tous deux français immigrés ici il y a plus de 40 ans chacun, ne se connaisse pas, mais sont tous deux de bien beaux représentants de cette mère patrie qu'on maltraite bien plus qu'à notre tour.
Il est ici 23h05, à la veille de la bonne vieille fête nationale, un coup de coeur tricolore !

3.7.07

Dernière chronique 2007

Et voila cette deuxième saison de chroniques achevée pour l'été. Cette année encore je termine sur le thème de la Saint Jean Baptiste, fête nationale du Québec.

Une fois n’est pas coutume, je vais vous parler de la Saint Jean-Baptiste, fête nationale du Québec.

Après la théorie de l’an passé, je vais y aller de la pratique de cette année.

Alors que la majorité des immigrants déjà installés se rendaient sur les Plaines à Québec ou au parc Maisonneuve à Montréal, voire à un show des Cowboys à Repentigny, je m’embarque samedi 14h dans le métro direction Longueuil pour prendre l’autobus 200 en direction de Beloeil.

Je pars camper…à la frontière des États, à Lacolle, chez un cousin de Ti’Namour. Un pan de sa famille que j’avais rencontré dans une bien triste circonstance l’automne passé alors que l’oncle de Ti’Namour, le père de notre hôte, allait s’éteindre dans un hôpital de Montréal. Une famille déjà ébranlée quelques 10 ans auparavant par le cancer fulgurant de leur jeune frère, de feu le père de Ti’Namour; deux hommes aux dires généraux qui se ressemblaient, deux êtres exceptionnels qui ne m’aura pas été donné dans cette vie de connaître. C’est donc à une Saint Jean familiale que je m’apprête à aller.

Juste le temps d’arriver chez ma belle-sœur et de charger la Wesfalia, on jase autour d’un bon californien rosé et en route pour le party.

Enfin à Lacolle, on arrive dans un méga party de famille pour les 3 ans de la petite cousine, toute blonde, toute cute. Cris d’enfants, rires des parents et Beau Dommage feront la bande sonore de cette fin d’après-midi.

On se salue, on discute, on mange quelques trempettes.

Ici je discute avec cette québécoise exilée à Toronto qui avouera plus tard dans la soirée n’avoir jamais pris pour les Leaves tandis que là son conjoint anglophone « only » partage un jeu de crosse avec sa fille et moi. Plus loin je discute avec celui qui fut notre Père Noël au party cet hiver et plus loin avec une petite boule d’énergie, qui, du haut de ses 4 ans, mènera les futures chasses aux couleuvres de cette journée.

Puis voila le temps des cadeaux et des très prolifiques « Oooooh » répétés à la perfection par la petite M. en ouvrant ses cadeaux tous plus « Doraesques » les uns que les autres. Finalement, le souper est servi.

Porc et bœuf grillé, tomates et oignons marinés, olives, concombres, patates en robe des champs et crème sûre, fèves aux 3 couleurs, trempette aux artichauts et petits pains régalent la trentaine de convives et leurs quelques 15 enfants de 3 à 11 ans.

Bières et vin viennent liquéfier le tout, sans exagération toutefois, garantissant belle humeur et bonne entente, à moins que ce ne soit l’inverse ?

La nuit tombe paisiblement sur ce petit groupe en goguette, mais le vent qui souffle depuis le début de la journée lui ne cesse pas. Les chandails apparaissent, les souliers se ferment.

Pour le plus grand bonheur des petits, et des grands, un beau gâteau au généreux crémage et aux bonbons fait son apparition, accompagné de son cortège de tartes au sucre ou aux pommes. On troque peu à peu les bières contre du café et du thé et la vie s’écoule paisiblement. Mais avant que la nuit ne soit trop noire, la pinata est annoncée. Quelques petits coups suffiront à décapiter la comparse de Babouche et les jauges de sucre des plus jeunes vont exploser, les bracelets et autres bagues luminescentes égayant les quelques dernières courses échevelées des petits diables.

Rien de tel après ça qu’une chasse aux mouches à feu ­ des lucioles­, pour dépenser une heure d’énergie. Petits et grands crapahutent dans les champs de blé d’Inde environnants et remplissent qui une bouteille qui une cage à insectes. Les petits sont à ce jeu là plus doués que les grands, mais la joie et la surprise sont collectives : elles sont si faciles à attraper ces petites bêtes que bientôt une trentaine d’entre elles brillent asynchrones dans la bouteille et presque autant dans la petite cage.

La nuit est donc déjà bien entamée, mais personne n’est fatigué encore. Assise sous la petite ourse, je converse à tour de bras et savoure le fait qu’ici je ne suis pas « la française » ou « l’immigrante » mais bien plutôt « la fiancée » voire « la cousine ».

Le vent semble enfin faiblir et l’une des premières activités nocturnes les plus attendues peut enfin avoir lieu : le feu d’artifice ! Mais avant, un tour de tondeuse pour la gang de petits décidément pas encore couchés ! Ils embarquent tous dans la remorque arrière de la tondeuse, la reine de la fête s’installe en avant avec son papa et roulez jeunesses !

Installés en rase campagne, à 5 minutes de la frontière des États, petits et grands savourent le bonheur d’une soirée familiale illuminée par un big blast et des fontaines jaillissantes. Un travail d’amateur qui vaut presque les professionnels annulés ailleurs dans la province.

L’arrière garde que nous sommes se déplace lorsque le bouquet final s’en vient, bombardés que nous étions par les cartouches en carton que le vent nous ramène. On profite aussi pour aller éteindre les quelques flammèches qui sont retombées. Ce serait tellement triste que la soirée finisse en grosse flambée involontaire. C’est sûr, on est le soir de la Saint Jean, mais faudrait pas exagérer !

Le vent fait une timide réapparition, mais les gens ont résisté jusque là et le feu d’artifice a vécu, alors pourquoi pas le feu de joie maintenant. La grosse montagne de bûche initialement prévue reste de côté et un petit tas plus modeste est rapidement bâti à côté. Et la flambée païenne commence, réchauffant les corps meurtris par le froid de la nuit. Un cercle se crée tout autour, les couvertures s’entrouvrent pour laisser entrer cette nouvelle source de chaleur, les muscles se détendent, les discussions reprennent de plus belle. Telles les cérémonies du temps jadis, celles-là même que la Saint Jean Baptiste française vient fêter, notre cérémonie du feu vient de redonner à tous regain d’énergie et bonheur de la lumière et de la chaleur retrouvées. Un petit miracle de plus à ajouter à celle longue soirée déjà bien remplie.

Mais allumer un feu n’étant pas en soit un acte bien complexe, nous voici mis au défi de réussir la recette des « biscuits graham-chocolat-guimauve ». On joint l’exemple à la parole, et notre hôte s’y colle : « On prend un biscuit Graham, on pose un carré de chocolat dessus. On réserve l’autre biscuit pour ensuite. On pique sa guimauve sur le bâton ci-présent, les adultes seulement, et on fait griller. Noir ou juste roussis, c’est à votre propre goût. Lorsque la cuisson désirée est afin atteinte, on approche sa guimauve du chocolat, on le pose dessus et avec l’autre biscuit on l’enlève du bâton. Vous n’avez plus qu’à déguster le tout avec force de « mmmm » et « miiiiiammm », s’il vous plaît ! ». Au diable les régimes et les jauges de sucre explosées, le sort des guimauves et du chocolat est très vite réglé.

La soirée tire bientôt à sa fin pour tous. Le signal est rapidement donné par les premiers pleurs inexpliqués des plus jeunes et les couvertures ronflantes que sont devenus les plus grands. Les parents tirent donc leur révérence les uns après les autres et lorsque les coups de 2h sonnent enfin, nous ne sommes plus 10 devant le feu, critiquant avec beaucoup de bonheur la liste musicale que l’ordinateur nous offre : Céline, Garou, Céline, Sardou, Céline, Céline, Céliiiiiiine… Finalement, la soirée se terminera sur les coups de 3h, et les deux campeurs que Ti’Namour et moi étions ne dormiront pas dehors, car loin du cercle du feu, il fait 10°C et la rosée n’est pas encore là. On en a tué pour moins que ça nous dit-on. Nous nous coucherons donc au chaud dans un vrai lit cette Saint Jean là, heureux et repus, moi avec une grosse dose d’amour familial dans le cœur et la fierté d’être québécoise dans les tripes.

Bon été à tous donc et prenez le temps de savourer les petits bonheurs de votre vie quotidienne, où que vous soyez, c’est ce qui fait que vous serez heureux n’importe où dans le monde…

26.6.07

Changement libellés

Comme vous pouvez le voir, j'ai effectué quelques changements de libellés.
En voici les explications:

- Les bonnes intentions: tout ce qui concerne le bénévolat et autres activités communautaires.
- Chroniques virtuelles: tout ce qui concerne mes chroniques sur immigrer.com
- De l'autre côté de la mare: les choses qui se passent en France, telles que je les vois d'ici.
- Les chemins quotidiens: les choses qui nous concernent ici, dans la vie de tous les jours.
- Mes chemins touristiques: mes voyages, mes ballades, mes coups de coeur en terme de lieux et de pays.
- Mon immigration québécoise: tout ce qui concerne le fatras administratif.
- Un chemin pavé de culture: les découvertes, les spectacles, les artistes, les phénomènes culturels au sens restreint et au sens large.
- Un Québec de pixel: les événements, rencontres et coups de coeur via l'Internet
- Un Québec de rencontre: les belles rencontres humaines, éphémères ou durables.

Un changement de cap s'opèrera dans quelques semaines, restez à l'affût!

9.6.07

Le week-end du Grand Prix

Et oui, cette fin de semaine, c'est celle du Grand Prix de Montréal. Mais pas seulement, car Montréal est entrée dans sa parade estivale de festivités. Nous avons donc eu droit à la Nuit blanche sur tableau noir, Frénésie sur la Main qui accueille les touristes en parallèle avec le Grand Prix, a aussi débuté le Festival Fringe auquel bosse Val, et s'en viennent bientôt aussi le Festival de Jazz et d'autres "joyeusetés" de l'été.

Cette période est donc riche en touristes. Et suite à notre escapade "épicière" de fin d'après-midi sur St Laurent, nous pouvons donner quelques tendances: les anglophones du sud sont encore bien présent malgré un $ canadien fort, les hispanophones ne sont pas en reste non plus. Une petite quantité d'habitués lusophones étaient également présents, mais ils vivent dans le quartier ceux-là, alors ils ne comptent pas vraiment dans mon décompte. Nous avons également croisé des tifosis, casquettes et polos Ferrari vissés au crâne et collés au torse.

Et tour à tour, au gré de ces accents qui chantent, on s'est cru en vacances à Londres, à Barcelone, à Lisboa, à Rome. Non vraiment, il flottait dans ma tête comme un air de déja ressenti, un parfum de congé, de gaieté, de chaleur estivale annonciatrice de bonheurs simples.
J'ai eu l'impression parfois, tant l'agitation touristique était réelle, d'être revenue 10 mois en arrière, et de marcher à nouveau sur la Rambla catalane. Même la chaleur et le soleil qui se faisaient tant désirés ces derniers jours étaient de la partie!

Je découvre Montréal différemment encore une fois, au gré de mes sensations. Et quelques chose me dit que je n'ai pas fini de la découvrir encore et encore.




Dans un autre registre: j'ai passé récemment une entrevue pour un stage en journalisme. Et j'ai obtenu le poste. Ce ne sont que quelques semaines, mais des semaines décisives pour moi, car elles signent mon retour en communication et le début d'un CV québécois.
Et elles payent pas mal plus que mes jobs précédentes.
Je suis juste triste de quitter Éloi et ses parents. Même si je sais que je vais tout faire pour les revoir, ça me rend un peu triste quand même. Quant aux amis de la garderie, je n'aurais pas l'occasion de leur dire au revoir puisque la RSG m'a signifié aujourd'hui qu'elle n'avait pas besoin de moins pour les lundis qui viennent. Elle a donc trouvé une remplaçante, tant mieux!

Le début du mois de juin

Et voici le mois de juin et ses bouleversements.
Samedi 2 juin JF et moi nous sommes levés à 6h15 du matin pour entamer le marathon du déménagement. Quittant un Plateau qui me rend dingue, nous migrerons le 1er juillet prochain dans la Petite Italie et ses odeurs et ses bruits si typiques.
Un camion nous avait été loué par Chantal et Nelson et nous avons eu 2 voyages à faire pour transporter l'ensemble de nos affaires dans notre prochain chez nous. La totalité de nos meubles et électros sont entreposés dans l'une des deux chambres de l'appartement, grâce à la générosité du locataire actuel. C'est aussi un peu grâce à lui que nous avons pu obtenir l'appartement, ayant fortement appuyé notre candidature auprès des proprios. Nous conserverons par ailleurs ses affaires à lui durant une semaine dans la seconde chambre, le temps qu'il puisse à son tour emménager.
En attendant, nous squattons quelques rues à l'est de cet appart chez des amis partis aux Iles de la Madeleine.

Pour ceux qui ont suivi mes péripéties, vous vous souvenez sans doute qu'en arrivant, nous avions hérité d'un stock d'ameublement offert gracieusement par la famille de Nelson (futon, 1 fauteuil en simili cuir noir et ses 2 poufs balançants, un fauteuil, une laveuse, un meuble de TV, une TV- en prêt seulement celle-ci-, une table à manger et ses 6 chaises, une commode en bois ancienne, un peu de vaisselle).
Ce stock, suffisant pour vivre en colocation, souffrait cependant de lacunes dans l'optique d'un appartement rien qu'à nous.
Or, grâce à mon réseau d'amis et d'amis d'amis, nous avons réussi à trouver le restant pour un total de 1500$. La plupart des meubles sont de chez Ikea, au plus vieux de 4 ans (lit et matelas et tablette roulante, table de travail, sofa, tables d'appoints, porte revue) et les électros ont entre 2 et 10 ans (frigo et laveuse). On a également obtenu un poële gratuitement.

Le lendemain, lever à la même heure, direction la Féria du Vélo de Montréal. Nous avons réitéré notre expérience de "bénévélos" preneurs de photos. L'édition 2007 aurait attiré plus de 60 000 participants inscrits et 3500 bénévoles. 50 kilomètres de parcours somme toute facile en une boucle dont l'origine est au Parc Maisonneuve. Le moment le plus intense du parcours restera pour beaucoup les 2 ultimes montées autour du Stade Olympique, montées qui ont fini d'achever mes genoux. Les 3 km nous séparant de la maison de l'ami qui était avec nous ont été fait pour ma part sans pédalage, poussée par un JF épuisé mais adorable!
(c) Sébastien Poirier

Et comme il y a 2 ans, je n'ai pas su résister à la vache:

Souvenez-vous il ya 2 ans... (c) Jean-François Lapierre et Véronique Lieutaud

Cette année! (c) Sébastien Poirier

30.5.07

Insolite du jour: Boris le titre francophone unilingue

Eh oui, la loi 101 est défendue toutes griffes et toutes dents par ce tigre unilingue...

Photo: PC pour la PresseBoris, un tigre du Bengale si je ne m'abuse, est "né et a grandi au zoo de Granby", qu'il a quitté voila un an pour celui d'Edmonton.
Les soigneurs albertains se sont alors vite rendu compte que le tigre ne répondait pas à leur demandes en anglais et que " le français demeurait sa langue préférée". C'est une fransaskoise qui travaillait au zoo qui a réussi à déterminer que ce tigre était francophone lorsqu'il a réagit à ses paroles en français.
Le zoo invite donc les francophones qui seraient de passage en Alberta à aller visiter Boris pour lui parler en français, et combattre... sa déprime? son ennui? Les articles ne le disent pas!

Ah la nature aussi à des préférences, Notamment celle de nous rappeler que le bilinguisme Coast to Coast n'est pas une évidence et que même les tigres peuvent avoir du mal à se faire servir en français*.
* 5ème degré, doucement les gros chevaux!

27.5.07

Les tours de Sanzô Sama

Aux lecteurs néophytes: Sanzô Sama est le chat que JF et moi avons adopté en octobre dernier.
Il fait depuis la joie de nos journées mornes avec ses facéties félines et ses attitudes snob, ce qui méritait bien une mise en scène.







25.5.07

互

En vérifiant le RSS du "Maudit Français", je découvre le phénomène du TAG que je ne connaissais pas.
En allant visiter l'auteur de ce relais, me voila découvrant que j'avais également été tagué par Stephane.

Je vais donc suivre les règles telles qu'énoncées par l'auteur de ce passement de jambe :

Le règlement

Chaque personne décrit sept choses à propos d’elle-même. Ceux qui ont été «tagués» doivent écrire sur leurs blogues ces sept choses ainsi que ce règlement. Vous devez «taguer» sept autres personnes et les énumérer sur votre blogue. Vous laissez alors sur les blogues de ceux que vous souhaitez «taguer» un commentaire leur indiquant qu’ils ont été «tagués» et les intimant à lire votre blogue.


Me voila donc à mon tour embarquée dans une liste improbable de choses sur moi... Voyons:

  1. alors que j'écris ces mots, je déguste un sorbet banane-fraise
  2. j'ai offert un Frosty Bear à mon chat aujourd'hui après qu'il ait été proche d'une syncope à cause de la chaleur
  3. je bois entre 12 et 18 onces de lait par jour
  4. je hais les choux de bruxelles
  5. je ne suis jamais allée en Grande-Bretagne et j'assume
  6. j'ai eu un poisson rouge appelé Sushi
  7. je délaye systématiquement tous les jus de fruits commerciaux avec de l'eau avant de les boire.

Qui a dit que les réponses devaient être intelligentes et intéressantes? Personne? Bon alors j'ai fini Messieurs Dames.

Je tague donc désormais:
1. Narriman
2. Scrogn
3. Les boys
4. Linda
5. Troll
6. Les Bédé Bros.
Hélas je ne trouve pas de 7ème victime, désolée!
En espérant que vous ayez au moins du trafic les zigotos!

Voilou. !

PS: vous remarquerez que les post sur les tags tentent de se faire titrer de façon originale et contenant le mot maudit. Quid du mien? Cliquez sur le titre et vous verrez que ce petit signe prosaïque est celui dont la prononciation se rapprocher le plus en japonais. Puis j'adorais la signification!

18.5.07

Les Francofolies 2007

Eh oui Montréal a aussi ses Francofolies. L'occasion de découvrir et redécouvrir des chanteurs d'ici et de là-bas.
Cette année, les spectacles mettrons entre autres en vedette :
· Sainte-Marie, Chloé · Shock, Stefie · Simon, Émilie · Thério, Marie-Jo

Le programme complet est disponible depuis le titre (cliquez).

Quant à moi, j'hésite grandement à aller au symphonique de Loco Locass en ouverture. J'aime beaucoup ce groupe, qui pourtant n'appartient pas du tout à mon univers musical, et pourtant je me sens touchée par leurs textes engagés et politisés.
Outre l'accent qui risque de ne pas être accessible à tous, pour autant que je me souviennes de ma première expérience en concert avec eux, il faut donc aussi avoir une certaine connaissance et de l'histoire et de la vie politique actuelle au Québec pour comprendre toute la profondeur de chansons comme "La Censure pour l'échafaud" ou les sous-entendus de "Super Mario".
Néanmoins, je maintiens l'idée que ce groupe est à faire connaître. Le flow est limpide, les textes pleins de charmes, les passes musicales surprenantes.
En espérant qu'un jour, de l'autre côté de la flaque, vous puissiez jouir de leur musique, je vous invite à les découvrir depuis leur site internet:

6.5.07

Le parcours de l'immigrant - Pierre Foglia

Pierre Foglia pour le contexte est un français installé au Québec depuis des lustres qui écrit pour la Presse, quotidien de grande écoute (lecture puisque c'est un journal presse mais bon...).

Le 23 janvier dernier, il écrivait sur le parcours des immigrants. Un écho à une chronique que j'avais écrit voila bientôt un an.

Ainsi quand il écrit "Un immigrant est d'abord un émigrant. En dépit des apparences, il n'arrive pas. Il QUITTE. Et il va rester dans cet état «de partance» pendant plusieurs années.", j'avais moi parlé du choc culturel et des montagnes russes qui permettront à l'émigrant de devenir immigrant. En clair, sans le choc culturel qui demande de remettre en cause le filtre de notre vision du monde et de bouleverser les repères et les valeurs qui sont les nôtres, on ne peut faire de place aux repères de la nouvelle société.

Ce que Foglia explique par son "Ce à quoi il ne s'attendait pas, par contre, ce qu'il découvre, stupéfait, c'est que ce pays qu'il pensait avoir quitté, la Russie, le Liban, la France, le Maroc, le Sri Lanka, ce pays l'a suivi au Canada. Un an, deux ans, trois ans plus tard, il n'est toujours pas d'ici. Dans le plus banal des gestes du quotidien, quand il mange, quand il écoute le téléjournal et se demande où est La Tuque, quand il n'en a rien à foutre que le Canadien ait gagné 4 à 2, il est encore de là-bas. " Ce sont ces gestes et cette absence d'intérêt qui vont peu à peu laisser place ou non à de nouveaux gestes et à un regain d'intérêt.

"Cela lui prendra des années pour muer, pour sortir de sa vieille peau de Russe, de Libanais, de Français, de Marocain. " ajoute-t-il ensuite, fort à propos.

L'immigrant, pour faire ce mouvement de in- devra poursuive un chemin que lui seul est à même de faire, personne, ni sa femme, ni ses amis, ni ses enfants, ni sa société d'accueil ou d'origine ne pourront le faire à sa place. L'aider peut-être, tout au moins en lui reflétant par leurs propres chocs culturels ce qu'il vit. Mais cette mutation se pense à l'intérieur de soi. La différence c'est que certaines sociétés vont être ouvertes à laisser du temps pour que cela se passe quand d'autres seront pressées que cela arrive voire par leur conjoncture ou leur agencement se retrouveront, inconsciemment on l'espère, à ralentir ce changement, se plaignant par la suite qu'il n'est pas eut lieu.
Une piste pour les générations présentes et à venir, qui seront irrémédiablement aux prises avec les migrations mondiales, sera la piste de la réflexion sur les outils, les freins, les adjuvants, les opposants qu'un émigrant/immigrant rencontre dans les sociétés, pour permettre enfin que tous puissent vivre ou ils le souhaitent, sans heurter personne.
Un beau rêve, je sais!

Ils apprendront donc jamais!

Et voilà, les premiers incidents ont eu lieu. Bravo les mecs, bravo, vous venez de prouver que vous êtes incapables d'apprendre, incapables de respecter le choix démocratique.
Ridicules. Si au moins vous usiez de votre colère pour faire avancer les choses!
Si au moins vous réfléchissiez que ce n'est pas en cassant tout que vous aurez moins de flics sur le dos.
Ah elle est belle la population française.... Tous prêts à se bouffer la gueule par média interposé, tous prêts à bouffer le voisin qui pense pas pareil. Et après ça accuse les autres d'être fasciste alors qu'on ne respecte pas soi-même les opinions adverses? Bravo. Z'avez tout compris!
Dégoutée, vous m'avez dégoutée! On vous tend un bâton pour vous faire battre et en plus vous payez pour le manger!
Si je n'aimais pas encore un tant soi peu la France et mes ancêtres, je deviendrai presque apatride!
L'amertume est là, ça y est! La colère aussi...
Quelle bande de c... !

Élections présidentielles françaises - suite et fin

Voila, on va enfin pouvoir retourner à nos petites vies tranquilles d'expatriés. Certains sont heureux, d'autres amers. Pour certains, le suspens n'existait pas, d'autres y ont longtemps cru.
Pour ma part, il était évident que la candidate PS ne convaincrait pas. Un choix qui divise au sein d'un parti ne pourra jamais unir...

C'est le coeur assuré de notre défaite que je me suis donc rendue au Café Méliès, une sélection musicale adéquatement choisie, inconsciemment marquée par ce que je savais déja.
La Bohème précède Ma Liberté qui suit elle-même Mes emmerdes avant de tomber sur des U2 et des Placebo au goût amer.
Les rebelles d'hier sont les pontes d'aujourd'hui et la génération à laquelle j'appartiens est nantie, blasée, désabusée et divisée. En regardant les visages souriants des partisans de Sarkozy, je me rends compte qu'on y compte plus les traces de l'enfance que les rides de la vieillesse.
La France a choisi, la France a parlé. Nous avons compris.

Bizarrement, ce choix, vu d'ici, ne m'étonne guère et ne m'effraye pas tant que ça. Sans doute parce que je suis loin, sans doute parce que je connais une autre vision sociale. Je ne suis pas convaincue par le choix fait et je ne prends pas parti pour celui qui nous représente désormais, mais j'espère qu'il réussira là où d'autres ont échoué, qu'il fera bouger les choses et ouvrira les yeux aux français sur certains travers, certains frein de ce qui pourrait être une magnifique société et qui aujourd'hui est une vieille belle.

Amertume? Non, je dirai que plus que de l'amertume, c'est l'apprentissage de la vie citoyenne qui me revient en pleine face. Le poids d'un vote, j'en connaissais déja l'impact, aujourd'hui c'est aussi le poids d'un choix qui m'apparaît. Le vote des partis, le culte des personnes auxquels s'adonnent encore certains m'effrayent. Ont-ils voté pour des idées ou ont-ils voté contre des gens? À quoi peut bien servir la démocratie quand les débats sont des attaques et les réflexions à court terme?
Les réformes sont nécessaires en France, si on regarde les choses objectivement. Le statu quo actuel ne favorise personne et encore moins ceux des miens qui se sont acharnés à propager la propagande d'un bord contre l'autre. Ne rien faire, ce n'est pas rendre service. Faire de travers non plus, je le conçois. Mais devons-nous toujours refuser d'essayer de peur de nous tromper? Ne peut-on pas juste une fois prendre l'option essai, quite à tout annulé si cela ne fonctionne pas?

Ce que je souhaite maintenant, c'est que les déçus retrouvent du poil de la bête et ne renoncent pas à leurs votes pour les prochaines échéances législatives. Ce que je souhaite c'est qu'on respecte le choix démocratique, même si cela fait mal, et que les appels aux émeutes que les médias attisent avec si peu de conscience restent sans effet. Enfin ce que j'aimerai c'est que l'Élu cesse de parler et agisse, dans l'intérêt du pays, et me fasse mentir quand je dis que c'est juste un assoiffé de pouvoir.

Pour la curiosité de certains, Montréal, à 21h30 quand j'ai quitté Stan hier avait voté pour Ségolène Royal, fidèle à sa contradiction du premier tour. J'attends la confirmation des résultats.
Par ailleurs, dans le monde de la blogosphère, les taux de fréquentation des stars du premier tour se sont maintenus élevés mais moins impressionnant tout de même (51 000 visiteurs seulement pour ZeCanada ).
De mon côté, je suis passée de 47 visites dimanche 22 avril (1er tour) à 247 ! selon Google Analytics.
Site Meter lui m'annonçait 44 visites le 22/04 et aujourd'hui 206! Merci, même si je vous ai déçu, j'ai été lu loooool.

5.5.07

Élections présidentielles françaises- second tour- après dépouillement montréalais

Ma première fois en tant que scrutatrice.
Savez quoi? Ben j'ai aimé ça.
C'est plein de pétillement, de blague, de douce communion.
Pas toujours facile de compter et recompter les électeurs ou les bulletins, mais tout s'est passé dans la plus grande camaraderie, toutes générations confondues.
Comme de raison, je ne donnerai pas les premières tendances mais l'écart est serré ici. Mon bureau semble s'être maintenu quant à la proportion d'électeur entre le premier et le second tour. Peu de nuls ou de votes annulés ont été comptabilisés sur ma table de dépouillement.
Nous attendons tous avec impatience les résultats finaux officiels pour Montréal ainsi que pour l'étranger en général. On se doute que nos votes ne feront pas la différence vu le poids, mais tout de même, c'est intéressant de voir parfois les écarts entre les citoyens d'un même pays, qu'ils soient en diaspora ou sur place.
Et ici, la tendance est d'autant plus intéressante que la communauté française est la plus importante en exil.
C'est donc avec hâte que je me rendrai demain au rendez-vous des blogueurs pour découvrir en direct quel aura été le choix final des français, voir si la France a suivi Montréal (ou l'inverse peu importe) ou si les décisions diffèrent entre les deux bords de l'Atlantique...

Je vous donnerai mes chiffres intermédiaires demain...

Élections présidentielles françaises- 2ème tour

À la mi-journée, le taux de participation des français de Montréal se maintenait dans la tendance du premier tour, bien que les électeurs se rendent aux urnes de façon plus étalée qu'il y a 15 jours.
En effet au premier tour la majorité s'était rendu au Collège Stanislas entre 8h et midi.

Je retourne à Stan vers 19h30 pour participer aux dépouillements de voix...
Suite donc prochainement, mais sans chiffres officiels ni résultats par avance!